L’ESA poursuit des objectifs ambitieux sous la devise «Elevate the Future of Europe»
Lors de sa réunion qui s’est tenue fin novembre 2025 à Brême, le Conseil de l’Agence spatiale européenne (ESA) au niveau ministériel a envoyé un signal fort pour l’avenir du secteur spatial en Europe. Avec une nouvelle stratégie et un budget record de plus de 22 milliards d’euros, les États membres entendent développer l’infrastructure spatiale de l’ESA et la rendre plus résiliente, avec comme préoccupation centrale le renforcement de l’autonomie, la sécurité et la compétitivité du secteur spatial européen.
Les activités spatiales d’aujourd’hui sont bien loin des premières tentatives de l’être humain de survivre dans l’espace. Si les vols d’astronautes en orbite terrestre ou à destination de la Lune en font toujours partie, ces activités servent aujourd’hui avant tout à exploiter une infrastructure critique édifiée autour du globe terrestre et devenue indispensable au quotidien. Les satellites transmettent en permanence des signaux pour l’internet et la téléphonie ainsi que des images télévisées et météorologiques ou des données de localisation. Ces données ou les services qui y sont liés sont utilisés quotidiennement par les citoyens en Suisse. Ils sont également indispensables pour les activités des industries essentielles à notre économie (p. ex. transports et logistique) et les services de base pour la population tels que la protection et le sauvetage.
Nouvelle stratégie de l’ESA
Le secteur spatial s’est fondamentalement transformé au cours de la dernière décennie. Le nombre d’acteurs n’a cessé d’augmenter et l’accès aux activités spatiales est devenu plus facile. Il s’agit de rester dans la course dans ce contexte en rapide évolution. L’utilisation de satellites à des fins de sécurité et de défense a gagné en importance. En effet, les satellites servent notamment à la reconnaissance et à la communication entre les troupes. Il est donc nécessaire de renforcer la résilience l’de l’infrastructure satellitaire nécessaire. Avec l'utilisation croissante de l'espace, le besoin de services de lancement plus flexibles et moins coûteux augmente, afin de pouvoir agir en tant qu’acteur de poids sur le plan géopolitique.
Ainsi, la réunion 2025 du Conseil de l’Agence spatiale européenne au niveau ministériel à Brème s’est déroulée dans un contexte particulier. Sous la devise «Elevate the Future of Europe», l’ESA a pour objectif de rendre le secteur spatial européen plus autonome, plus résilient et plus compétitif. À l’ordre du jour de la réunion figuraient des propositions sur la manière de poursuivre les programmes et les missions en cours ainsi que sur le lancement de nouveaux programmes et de nouvelles missions. La récente initiative «European Resilience from Space» (ERS) en fait notamment partie et vise à mettre en place une infrastructure européenne résiliente et interopérable se prêtant à une utilisation tant civile que militaire (double usage). Elle comprend l’observation de la Terre (haute résolution temporelle et spatiale), le positionnement et la navigation sécurisés et la communication cryptée. Assuré jusqu’à nouvel ordre par les lanceurs Ariane 6 et Vega C, l’accès indépendant de l’Europe à l’espace reste également une préoccupation centrale. L’appel d’offres «European Launcher Challenge» s’adressant aux entreprises et portant sur des services de lancement innovants et plus compétitifs vise à préparer l’avenir dans ce domaine.
(Remarque: activer les sous-titres pour la traduction française)
Investissements records
À Brême, les États membres ont adopté cette stratégie et annoncé leurs contributions financières et leurs priorités pour les années à venir. Les ministres ont débloqué la somme record de quelque 22,3 milliards d’euros. Pour certains programmes, notamment l’ERS et le European Launcher Challenge, les montants souscrits ont largement dépassé les attentes. Les États membres investissent également dans l’exploration, le programme scientifique, l’observation de la Terre, la navigation et les télécommunications, la technologie et la sécurité spatiale, ainsi que le transport spatial. Le programme scientifique a fait l’objet d’un soutien particulier, ce qui permettra à l’ESA de renforcer encore davantage son rôle de leader en matière de recherche spatiale.
Signe de l’importance croissante du secteur spatial, les États membres ont pour la plupart revu leurs engagements précédents à la hausse de manière significative, les doublant même dans certains cas. La Suisse a elle aussi augmenté sa contribution à l’ESA avec de nouveaux engagements pris à hauteur de 781 millions d’euros, démontrant ainsi un soutien clair en faveur de l’Europe spatiale. Au cours des années à venir, elle participera principalement à des programmes relevant des domaines de la technologie et de l’innovation, de la défense planétaire et de l’observation des astéroïdes, de la navigation et des technologies quantiques, ainsi que de l’exploration et des instruments scientifiques (Prodex). À titre d’exemple, le programme HummingSat, placé sous la direction d’une entreprise suisse, prévoit le développement de petits satellites de télécommunication de la taille d’une machine à laver. La Suisse soutient aussi activement la mission Ramses, dans le cadre de laquelle une sonde spatiale accompagnera un astéroïde lors de son passage à proximité de la Terre afin d’acquérir des connaissances en prévision de futurs objets qui se pourraient se trouver sur une trajectoire de collision avec la Terre.
Grâce aux contributions accordées et aux programmes de l’ESA prévus pour les années à venir, le spatial européen est bien positionné pour se développer de manière compétitive, autonome et résiliente.
Agence spatiale européenne (ESA)
L’ESA est une organisation internationale dont le siège est à Paris. Fondée en 1975, elle compte aujourd’hui 23 États membres. Ses programmes couvrent tout l’éventail des activités spatiales. La Suisse est membre fondateur de l’ESA et participe à presque tous ses programmes. Les contributions des Etats membres de l’ESA reviennent dans ces mêmes pays sous forme de commandes passées auprès de leurs industries et de leurs organismes de recherche (principe du retour géographique). Les contributions de la Suisse à l'ESA renforcent donc également l’économie et la science en Suisse.
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