Renforcement de la formation professionnelle supérieure: le Parlement arrête un train de réformes

Durant la session d’hiver 2025, les Chambres fédérales ont adopté la modification de la loi fédérale sur la formation professionnelle. L’objectif de la réforme est de renforcer la formation professionnelle supérieure, et plus particulièrement les écoles supérieures, d’en augmenter la visibilité, d’en consolider la réputation et de continuer à équilibrer les conditions au sein du degré tertiaire. L’entrée en vigueur de la loi révisée est attendue au plus tôt pour la fin de l’été 2026.

17.02.2026
Auteur/e: Carole Egger
Deux femmes regardent un téléphone portable ensemble.
Lors de la session d’hiver 2025, le Parlement a décidé de procéder à la révision de la loi fédérale sur la formation professionnelle et renforce ainsi de manière ciblée la formation professionnelle supérieure et les écoles supérieures. Photo: Iris Krebs

La modification de la loi fédérale sur la formation professionnelle (LFPr), décidée durant la session d’hiver 2025, fait suite à un processus de plusieurs années, largement soutenu. Depuis 2019 déjà, le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) met en place en étroite collaboration avec les partenaires de la formation professionnelle, dans le cadre du projet «Positionnement des écoles supérieures», des bases essentielles pour le développement de l’ensemble de la formation professionnelle supérieure, démarche à laquelle les acteurs des hautes écoles sont aussi associés. Rémy Hübschi, directeur suppléant du SEFRI, tient à souligner ici l’importance de la coopération: «L'adoption du projet de loi, obtenue à l'issue d'une délibération fructueuse, montre ce qu’il est possible d’atteindre lorsque toutes les parties prenantes travaillent main dans la main et de manière constructive. Les partenaires de la formation professionnelle méritent d’être remerciés tout particulièrement: ensemble, ils ont mis au point une solution de compromis viable et posé ainsi une base solide pour le développement de la formation professionnelle supérieure. Au travers de cette réforme, la Suisse envoie un signal clair: la formation professionnelle supérieure est renforcée dans une démarche conjointe, pragmatique et orientée vers l’avenir – sans pour autant que le système, qui a fait ses preuves, soit modifié.»

Éléments clés du paquet de mesures

La révision de la LFPr a pour objectif de renforcer la notoriété et la réputation des écoles supérieures (ES) et de la formation professionnelle supérieure dans son ensemble ainsi que d’équilibrer les conditions au sein du degré tertiaire. Les mesures centrales sont les suivantes:

  • Introduction d’un droit à l’appellation «école supérieure»: La visibilité des ES en tant qu’institutions sera renforcée. Désormais, seuls les établissements qui proposent une filière de formation ES reconnue pourront utiliser l’appellation «école supérieure».
  • Introduction des compléments de titre «Professional Bachelor» et «Professional Master» pour les diplômes de la formation professionnelle supérieure: Les compléments de titre soulignent le fait que les diplômes de la formation professionnelle supérieure appartiennent au degré tertiaire et renforcent leur visibilité. En vue d’une délimitation par rapport aux diplômes des hautes écoles, dans les langues officielles, les compléments de titre ne pourront être utilisés qu’avec les titres protégés des diplômes concernés. En anglais, ils seront autorisés en tant qu’élément de la traduction anglaise simplifiée du titre protégé.
  • Introduction de l’anglais comme langue d’examen supplémentaire possible pour les examens fédéraux: L’introduction de l’anglais comme langue d’examen supplémentaire permet de créer des conditions comparables au sein du degré tertiaire. Cette mesure répond également aux besoins des branches tournées vers l’international et des branches où l’anglais est la langue technique et pratique, afin d’exploiter un potentiel supplémentaire de main-d’œuvre qualifiée. Afin de ne pas supplanter les langues officielles, les examens fédéraux devront toutefois continuer à être proposés dans chacune des langues officielles.
  • Flexibilisation des études postdiplômes (EPD ES): À l’avenir, les EPD ES ne devront plus passer par une procédure de reconnaissance fédérale et pourront être lancées de manière autonome par les ES.

Les mesures s’appliquent dès l’entrée en vigueur de la modification de la LFPr. Les diplômés de la formation professionnelle supérieure pourront donc porter les nouveaux compléments de titre dès ce moment-là. Toutefois les anciens brevets fédéraux et diplômes fédéraux ne seront pas remplacés. Le SEFRI prévoit une communication spécifique pour accompagner cette introduction.

«L'adoption du projet de loi, obtenue à l'issue d'une délibération fructueuse, montre ce qu’il est possible d’atteindre lorsque toutes les parties prenantes travaillent ensemble de manière constructive.»

Rémy Hübschi, chef de la division Formation professionnelle et continue et directeur suppléant du SEFRI

Prochaines étapes en vue de la mise en œuvre

Le délai référendaire de 100 jours court depuis le 1er janvier 2026. Après quoi, les modifications de la LFPr devront être répercutées dans l’ordonnance sur la formation professionnelle (OFPr) et dans l’ordonnance du DEFR concernant les conditions minimales de reconnaissance des filières de formation et des études postdiplômes des écoles supérieures (OCM ES), l’objectif étant que la LFPr, l’OFPr et l’OCM ES entrent en vigueur en même temps.

Le projet de révision de l’OMPr a déjà été mis en consultation en 2024, en même temps que celui de la LFPr. En revanche, les modifications de l’OCM ES sont encore à déterminer, en concertation avec les acteurs impliqués. Elles concernent notamment la définition de valeurs de référence communes pour la nouvelle offre de formation continue des ES.

Outre les deux ordonnances, d’autres documents de mise en œuvre et modèles devront être adaptés avant l’entrée en vigueur. Il s’agira notamment de préparer la modification de tous les règlements d’examen et plans d’études cadres en vue de l’ancrage des compléments de titre et des nouvelles traductions anglaises simplifiées des titres. Dans un tel contexte, l’entrée en vigueur est prévue au plus tôt à la fin de l’été 2026. Le SEFRI fournira en temps voulu plus de détails concernant la mise en œuvre et le processus dans son ensemble.