Davantage de visibilité pour la formation professionnelle supérieure
Le paquet de mesures visant à renforcer la formation professionnelle supérieure est entré en vigueur le 1er octobre 2026, introduisant notamment de nouveaux compléments de titre, la protection de l’appellation «école supérieure» et l’anglais comme langue d’examen supplémentaire possible pour les examens fédéraux. Rémy Hübschi, directeur suppléant du SEFRI, fait le tour des principales nouveautés.
En quoi la formation professionnelle supérieure est-elle importante?
Rémy Hübschi: La formation professionnelle supérieure ouvre d’excellentes perspectives de carrière: guidée par les besoins du marché du travail, elle prépare les professionnels à l’exercice de fonctions exigeantes de spécialistes ou de cadres. La formation est axée sur les compétences et le marché du travail. Elle encourage l’apprentissage basé sur la pratique, la mise en application rapide des connaissances et des techniques nouvellement acquises ainsi que l’innovation développée à un rythme soutenu. Autant d’éléments qui font d’elle un vivier de professionnels qualifiés pour l’économie suisse hautement spécialisée. Chaque année, près de 27 500 personnes obtiennent un diplôme de la formation professionnelle supérieure.
Quel est l’objectif du paquet de mesures?
Les diplômes de la formation professionnelle supérieure sont reconnus et appréciés au sein des branches. Pour les personnes extérieures, il n’est toutefois pas toujours facile d’en percevoir la valeur. Une comparaison du nombre de diplômes délivrés au degré tertiaire montre que, ces dernières années, le nombre de diplômes a davantage progressé dans le domaine des hautes écoles que dans la formation professionnelle supérieure. On observe également que les jeunes et leurs parents ont tendance à opter pour la formation générale au degré secondaire II, avec pour objectif l’obtention d’un diplôme d’une haute école, au détriment de la formation professionnelle initiale. Avec ce paquet de mesures, nous souhaitons renforcer davantage la visibilité, la compréhensibilité et le positionnement des diplômes de la formation professionnelle supérieure. Cela implique notamment de faciliter leur classification tant au niveau national qu’international.
Qu’est-ce qui a changé concrètement depuis le 1er octobre 2026?
Une des mesures importantes est l’introduction des nouveaux compléments de titre «Professional Bachelor» et «Professional Master». Le premier est réservé aux personnes qui obtiennent un brevet fédéral à l’issue d’un examen professionnel fédéral ou un diplôme ES sanctionnant une filière de formation dans une école supérieure, et le deuxième à celles qui décrochent un diplôme fédéral après un examen professionnel supérieur.
L’utilisation de ces compléments de titre est-elle réservée aux futurs diplômés?
Non. Toutes les personnes titulaires d’un diplôme de la formation professionnelle supérieure sont désormais autorisées à utiliser le complément de titre approprié, quelle que soit la date d’obtention de leur diplôme. À noter toutefois que le complément de titre ne peut être utilisé qu’avec le titre protégé. Il est placé après ce dernier, séparé par une virgule (p. ex. «éducateur social diplômé ES, Professional Bachelor»).
Rémy Hübschi est directeur suppléant du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Il dirige la division Formation professionnelle et continue.
Les personnes ayant obtenu leur diplôme avant le 1er octobre 2026 reçoivent-elles automatiquement un nouveau diplôme?
Non. Aucun nouveau brevet fédéral, diplôme fédéral ou diplôme ES ne sera délivré aux personnes déjà diplômées. Mais celles-ci ont le droit d’utiliser le complément de titre correspondant à leur diplôme. De plus, le SEFRI mettra à leur disposition un document explicatif pouvant être annexé à ce dernier. Les personnes ayant besoin d’un nouveau supplément au diplôme pourront en faire la demande à partir de la mi-octobre 2026, moyennant un émolument.
Qu’implique le paquet de mesures pour les écoles supérieures?
L’appellation «école supérieure» bénéficie d’une meilleure protection. Depuis le 1er octobre 2026, seuls les prestataires de formation qui proposent au moins une filière de formation ES reconnue par la Confédération sont autorisés à l’utiliser. Il en résulte une plus grande clarté pour les étudiants, les employeurs et le grand public. Les écoles supérieures bénéficient également d’une plus grande flexibilité dans l’organisation de leurs offres. Les cours postdiplômes ES, les programmes postdiplômes ES et les études postdiplômes ES leur sont réservés et ne devront désormais plus faire l’objet d’une procédure de reconnaissance par le SEFRI.
Nouveautés depuis le 1er octobre 2026 – l’essentiel en un coup d’œil
- Nouveaux compléments de titre: «Professional Bachelor» pour les brevets fédéraux et les diplômes ES, «Professional Master» pour les diplômes fédéraux.
- Les personnes ayant obtenu leur titre avant le 1er octobre 2026 sont également autorisées à utiliser le complément de titre approprié.
- Le complément de titre ne peut être utilisé qu’avec le titre protégé. En outre, il est intégré à la nouvelle traduction anglaise simplifiée.
- L’appellation «école supérieure» est protégée.
- Les examens professionnels fédéraux et les examens professionnels fédéraux supérieurs peuvent désormais être proposés en anglais si l’organe responsable le prévoit.
Sera-t-il possible, à l’avenir, de passer les examens fédéraux en anglais?
Oui, mais cela n’est pas automatique. Il appartient à chaque organe responsable de décider s’il souhaite proposer un examen professionnel ou un examen professionnel supérieur en anglais, en plus des langues officielles. Le cas échéant, cette possibilité doit être inscrite dans le règlement d’examen. Les examens doivent dans tous les cas continuer à être proposés dans les langues officielles.
Qu’attendez-vous de ces nouvelles mesures?
La formation professionnelle supérieure est une voie de formation solide, étroitement liée au monde du travail. Le paquet de mesures récemment entré en vigueur permet de rendre cet atout plus visible tout en préservant les fondements qui ont fait leurs preuves, à savoir la responsabilité des branches, l’orientation vers la pratique et la grande qualité des diplômes.
Le chemin a été long, mais l’enjeu en valait la peine. Depuis 2019, le SEFRI a examiné et concrétisé des mesures en étroite concertation avec les partenaires de la formation professionnelle. Les acteurs des hautes écoles ont été consultés tout au long du processus. Je me réjouis de l’introduction du paquet de mesures et je saisis l’occasion pour remercier encore une fois tous les partenaires impliqués dans ce projet.
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