Le rapport sur l’éducation nous concerne tous

La Suisse doit faire face à des crises géopolitiques et des bouleversements technologiques qui posent des défis majeurs. L’éducation est un élément clé pour garantir à long terme la solidité économique, la cohésion sociale et les perspectives individuelles. Le Rapport sur l’éducation en Suisse 2026 met en évidence les domaines dans lesquels le système fonctionne bien et ceux dans lesquels il est encore nécessaire d’agir.

21.04.2026
Auteur/e: Martina Hirayama
Martina Hirayama Secrétaire d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation
Depuis le 1er janvier 2019, Martina Hirayama est secrétaire d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation. Photo: Monique Wittwer

Il suffit de jeter un coup d’œil aux actualités pour s’en rendre compte: notre époque est marquée par des tensions géopolitiques, des conflits armés et une situation internationale toujours plus instable. À cela s’ajoute le fait que les évolutions technologiques – et en particulier les progrès de l’intelligence artificielle – remodèlent l’économie et la société en profondeur.

Dans ce contexte, l’éducation joue un rôle clé. C’est d’elle que dépendra la capacité des générations futures non seulement à faire face à ces changements, mais aussi à y participer activement. Bien plus qu’un bien individuel, l’éducation est une condition essentielle à la stabilité économique, à la cohésion sociale et à la participation démocratique.

D’où l’importance de faire reposer les décisions en matière de politique de l’éducation sur des bases solides. C’est précisément là qu’intervient le monitorage de l’éducation mené par la Confédération et les cantons. Le Rapport sur l’éducation en Suisse, qui met en évidence les domaines dans lesquels le système fonctionne bien et ceux dans lesquels il est nécessaire d’agir, en constitue l’instrument central. Élaboré par le Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation (CSRE), le rapport en est cette année à sa cinquième édition depuis 2010.

Les conclusions du rapport actuel constituent pour nous une occasion de revoir les objectifs politiques communs de la Confédération et des cantons concernant l’espace suisse de formation, qui ont été mis à jour pour la dernière fois en 2023, et de les adapter si cela s’avère nécessaire. Un objectif central demeure: faire en sorte que 95 % des jeunes de 25 ans possèdent un diplôme du secondaire II. Il s’agit là d’un objectif ambitieux, mais justifié, dans la mesure où l’obtention d’un tel diplôme s’avère déterminante pour la suite de leur parcours: il facilite l’accès au marché du travail, ouvre des perspectives de formation continue et renforce la capacité d’apprentissage tout au long de la vie.

Mais les chiffres actuels appellent à la vigilance. Le taux de certification connait actuellement un léger recul. Dans le même temps, des changements se dessinent au sein du système: la part des jeunes suivant une formation professionnelle initiale diminue légèrement et les jeunes disposent de moins de compétences lorsqu’ils débutent leur apprentissage. 

Préserver les atouts tout en relevant les défis

Il ne s’agit pas d’une crise, mais d’un signal clair. Un fait mérite d’être souligné: les cantons dotés d’une formation professionnelle solide affichent des taux de certification plus élevés. La formation professionnelle demeure ainsi un pilier central du système éducatif suisse et un modèle de réussite qu’il convient de renforcer. La disposition des entreprises à proposer des places d’apprentissage constitue une pierre angulaire du système, mais elle ne va pas de soi. Le fait que la Confédération, les cantons et les milieux économiques travaillent ensemble à l’élaboration d’une feuille de route visant à renforcer l’attrait de la formation professionnelle marque à cet égard une étape importante.

Parallèlement, le secteur tertiaire a également connu des changements significatifs. Depuis le début des années 2000, la proportion des 25-35 ans titulaires d’un diplôme du degré tertiaire a doublé. Aujourd’hui, dans cette tranche d’âge, une personne sur deux est au bénéfice d’un titre de la formation professionnelle supérieure ou d’un titre délivré par une université, une haute école pédagogique ou une haute école spécialisée.

Cette diversité est justement l’un des atouts de la Suisse. Loin de s’opposer l’une à l’autre, les voies académiques et professionnelles sont complémentaires: elles constituent les deux faces d’une même médaille. Il est dès lors essentiel de garantir la perméabilité du système : les possibilités d’accéder à une formation, de se réorienter ou d’en reprendre une doivent aller de soi à tous les niveaux.

Au-delà de la qualité et de la perméabilité du système, son efficacité constitue également une priorité. Les données relatives à l’évolution du nombre d’étudiants, de diplômes délivrés et des coûts par personne fournissent des indications importantes sur la manière de piloter et de financer le système à l’avenir. En contexte de restrictions budgétaires, la question de savoir où les investissements auront le plus d’impact se pose inévitablement.

Le Rapport sur l’éducation en Suisse 2026 offre une base complète et actuelle pour guider le développement du système éducatif suisse en se fondant sur des faits concrets. Quelles sont les discussions soulevées par ce rapport et quelles sont les conséquences qui en découleront? C’est ce que révélera l’analyse des résultats qui est en cours. Mais ce qui est déjà clair aujourd’hui, c’est que la politique en matière d’éducation et de formation reste une tâche qui s’inscrit sur le long terme et qu’elle concerne chacun d’entre nous.