«La pensée et l’action entrepreneu­ria­les sont l’affaire de tous!»

Près de 10% des moyens fédéraux alloués à la formation professionnelle sont dédiés à l’encouragement de projets. Entre 2018 et 2022, le SEFRI a par exemple soutenu le projet pilote «Penser et agir en entrepreneur dans les écoles professionnelles suisses». Georg Berger, responsable de ce projet, nous explique pourquoi la pensée et l’action entrepreneuriales sont à considérer comme un tout.

01.02.2023
Auteur/e: Fritz Jordi
Photo de groupe
Participants au European Youth Start Entrepreneurship Award 2022 à Olten. Photo : Christoph Henzmann

Quels étaient les motivations à l’origine du projet « Penser et agir en entrepreneur dans les écoles professionnelles suisses »? 

La pensée et l’action entrepreneuriales sont des compétences de demain. Alors que différentes offres sont proposées dans les hautes écoles pour renforcer les compétences dans le domaine de l’entrepreneuriat, cet aspect est encore totalement négligé dans la formation professionnelle au degré secondaire II.

Quels objectifs cherchez-vous à atteindre avec ce projet? 

D’un point de vue pédagogique, nous visons à renforcer l’efficacité personnelle et l’esprit d’initiative des futurs professionnels en leur transmettant des outils méthodologiques leur permettant de mettre en œuvre leurs idées et de trouver des solutions à leurs problèmes. La plateforme «myidea.ch» que nous avons créée constitue un support d’enseignement ayant pour vocation de développer des compétences entrepreneuriales dans le cadre de l’enseignement de la culture générale. Dans un premier temps, nous formons les enseignants et leur transmettons les connaissances pédagogiques, didactiques, psychologiques et économiques nécessaires pour utiliser «myidea». Notre concept leur permet de former ensuite d’autres enseignants. 

Transmettre les compétences entrepreneuriales nécessaires à l’exercice de la profession fait depuis longtemps partie intégrante de la formation professionnelle et, en particulier, de la formation professionnelle supérieure. Les examens pro­fes­sion­nels fédéraux supérieurs préparent par exemple les futurs diplômés à diriger une entreprise. Pourquoi, selon vous, est-il nécessaire d’acquérir des compétences entrepreneuriales dès la formation professionnelle initiale?  

La pensée et l’action entrepreneuriales sont à considérer comme un concept pédagogique qui forme un tout. Nous ne nous concentrons pas uniquement sur la création d’entreprise (rôle d’entrepreneur) mais également sur les qualités nécessaires pour utiliser ces compétences en tant que collaborateur (rôle d’intrapreneur). Le développement technologique encourage l’esprit d’entreprise tout au long de la vie, aussi avons-nous tout à gagner à sensibiliser la relève dans le contexte de l’apprentissage tout au long de la vie. En bref, la pensée et l’action entrepreneuriales sont l’affaire de tous.

Portrait d'un homme

Georg Berger, directeur du centre de formation professionnelle d’Olten, président de la Conférence suisse des directrices et directeurs d’écoles professionnelles SDK-CSD et responsable du projet. Photo: Bruno Kissling

Le projet a débuté en 2018 et s’est achevé en 2022. Les objectifs visés ont-ils été atteints? 

L’objectif initial consistait, entre autres, à atteindre environ 160 enseignants et quelque 3300 apprentis dans les quatre cantons participants au cours de la durée du projet pilote. De ce point de vue là, l’objectif a été pleinement atteint. En raison de la pandémie de COVID-19, nous avons cependant dû transformer l’ensemble du cadre du projet et passer d’un enseignement en présentiel à un enseignement à distance, ce qui a entraîné des frais supplémentaires et un retard d’un an. Avec la plateforme en ligne «myidea.ch», nous avons élaboré un programme d’enseignement et d’apprentissage en trois langues pour l’enseignement de la culture générale. À la fin du cours, les personnes en formation estiment avoir largement gagné en compétences en ce qui concerne leur capacité à trouver et à mettre en œuvre une idée entrepreneuriale personnelle et à évaluer la faisabilité d’une réalisation. Nous constatons que ce sont surtout les apprenties qui profitent de ce programme.

Quelle est la suite prévue et quels défis pressentez-vous? 

Nous avons créé fin 2022 un Centre suisse pour la pensée et l’action entrepreneuriales, par le biais duquel nous avons l’intention de poursuivre diverses activités dans les domaines du développement, de la diffusion et de l’évaluation de programmes. La qualification des enseignants et l’organisation de concours et de championnats des métiers restent aussi des priorités. Le centre est installé au sein du service de la promotion économique de la région d’Olten, qui avait organisé précédemment le European Youth Start Award à Olten. Notre vision sera réalisée lorsque tous les apprentis sauront penser et agir en entrepreneurs. Le grand défi, à présent, consiste à inscrire la pensée et l’action entrepreneuriales dans le plan d’études cadre pour l’enseignement de la culture générale comme la capacité à transformer des idées en valeurs durables pour l’économie et la société.

À quel point le soutien de la Confédération fourni au titre de l’encouragement de projets a-t-il contribué à la mise en œuvre du projet?  

Sans le soutien actif du SEFRI, notre projet n’aurait jamais pu voir le jour. Le soutien moral des organisations du monde du travail a constitué un autre facteur central pour sa réussite. Sur ce plan, je remercie d’ailleurs vivement les responsables de formation de l’Union suisse des arts et métiers et de l’Union patronale suisse. La recommandation de la Conférence suisse des offices de la formation professionnelle nous a par ailleurs conféré la crédibilité nécessaire pour mettre en place le projet dans les cantons. Dans l’ensemble, le projet est donc un exemple du parfait fonctionnement du partenariat dans la formation professionnelle en Suisse.

Directives pour l’encouragement de projets

  • L’utilisation des ressources est régie par les art. 54 et 55 de la loi fédérale sur la formation professionnelle (LFPr).
  • Conformément à l’art. 54 LFPr, des subventions peuvent être versées en faveur de projets qui visent le développement de la formation professionnelle et la mise en place de structures porteuses d’avenir. Il peut s’agir de projets pilotes, d’études et de financements de départ.
  • L’art. 55 LFPr donne à la Confédération la possibilité d’octroyer des subventions en faveur de prestations qui présentent un intérêt public, mais qui ne pourraient pas être fournies sans un soutien supplémentaire. Il peut s’agir de mesures visant à promouvoir l’égalité entre hommes et femmes ou permettant d’assurer et d’étendre l’offre de places d’apprentissage.

Contact
Fritz Jordi, SEFRI Responsable de projet, unité Financement et encouragement de projets fritz.jordi@sbfi.admin.ch +41 58 462 21 43
Auteur/e
Fritz Jordi