Examens professionnels fédéraux et examens professionnels fédéraux supérieurs: quand les échanges nourrissent la pratique

Pour répondre à un marché du travail en pleine évolution, les profils et le marketing des professions doivent être adaptés à de nouvelles exigences. Cette problématique était au cœur de la rencontre annuelle consacrée à l’échange d’expériences sur les examens fédéraux, qui s’est tenue début juin à Berne. Les quelque 200 participants ont discuté des évolutions actuelles, abordé des exemples concrets et pris connaissance du paquet de mesures visant à renforcer la formation professionnelle supérieure, des effets du financement axé sur la personne ainsi que de la nouvelle directive relative au subventionnement de l’organisation des examens.

26.06.2026
Auteur/e: Hannah Schrieverhoff
Une femme fait une présentation.
Ramona Nobs, cheffe de l’unité Formation professionnelle supérieure au SEFRI, a fait le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du paquet de mesures visant à renforcer la formation professionnelle supérieure. Photo: SEFRI

Comment préserver l’adéquation des examens fédéraux avec le marché du travail, de même que leur qualité et leur visibilité? Cette question a été le fil conducteur de la rencontre consacrée aux examens professionnels fédéraux et aux examens professionnels supérieurs, qui s’est tenue le 9 juin 2026 à Berne et qui a réuni les organes responsables des examens professionnels, en particulier les commissions d’examens et d’assurance qualité, les directions des examens et les responsables de la formation au sein des organes responsables. En plus d’offrir une vue d’ensemble des thèmes d’actualité, cette rencontre a permis aux organes responsables et à des représentants du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) d’échanger autour des enjeux communs.

Ramona Nobs, cheffe de l’unité Formation professionnelle supérieure du SEFRI, a donné le coup d’envoi en présentant aux quelque 200 participants les derniers développements, en particulier le paquet de mesures visant à renforcer la formation professionnelle. Celui-ci comprend notamment les compléments de titre «Professional Bachelor» et «Professional Master» pour les diplômes de la formation professionnelle supérieure, la protection de l’appellation «école supérieure», ainsi que la possibilité d’introduire l’anglais comme langue d’examen supplémentaire pour les examens professionnels et les examens des écoles supérieures.

Évolution des profils des professions

Lisa Steger et Maurice Codourey ont montré, à travers l’exemple de l’examen professionnel fédéral de conceptrice et rédactrice / concepteur et rédacteur, à quel point les profils des professions peuvent s’adapter aux évolutions. Face aux avancées de l’intelligence artificielle générative dans le domaine de la communication et de la publicité, l’association faîtière a su réagir rapidement en remaniant l’examen professionnel en profondeur. Il ressort clairement de cet exemple que les nouvelles technologies ne transforment pas seulement les processus de travail, mais également les profils de compétences dans leur ensemble. Pour faire évoluer le profil d’une profession, il ne suffit pas d’actualiser les connaissances techniques, il faut également repenser les compétences opérationnelles. Dans ce contexte, la pensée conceptuelle et systémique ainsi que les compétences sociales et l’aptitude à travailler en équipe seront encore plus recherchées à l’avenir.

Cécile Annen, de SAVOIRSOCIAL, a présenté un second exemple. Elle a montré comment l’association faîtière applique le marketing des professions dans le domaine social et pourquoi il est essentiel de fournir des informations adaptées aux groupes cibles. Au-delà des brochures, des conseils et des réseaux sociaux, SAVOIRSOCIAL s’appuie sur une plateforme d’information trilingue qui cible précisément les différents groupes concernés : des jeunes et adultes intéressés par l’orientation professionnelle aux parents et enseignants, en passant par les institutions, les employeurs, les services d’orientation professionnelle et les membres de l’association. Cet exemple rappelle que la visibilité repose sur la combinaison de trois éléments clés: des informations claires, des canaux de communication adaptés et une connaissance approfondie des publics cibles.

Une femme et un homme font une présentation.
Lisa Steger et Maurice Codourey, de l’association faîtière responsable du brevet fédéral de conceptrice et rédactrice / concepteur et rédacteur, lors de leur exposé intitulé «Le monde du travail 4.0: l’impact de l’IA sur le profil d’une profession». Photo: SEFRI
Une femme fait une présentation.
Cécile Annen, de SAVOIRSOCIAL, a montré comment le marketing des professions permettait de donner davantage de visibilité aux professions du domaine social. Photo: SEFRI
Un large public assiste à une présentation.
La rencontre s’est terminée par une séance de questions-réponses, au cours de laquelle les participants ont pu poser leurs questions directement aux collaborateurs des unités Formation professionnelle supérieure, Financement et encouragement de projets et du service juridique du SEFRI. Photo: SEFRI
Un groupe de personnes discute entre elles.
Au-delà des exposés, la rencontre a laissé une large place aux discussions de groupe et aux échanges informels. Photo: SEFRI

Aperçu des aides financières

L’après-midi a été consacré aux questions financières. Le SEFRI a présenté les résultats de l’évaluation des effets du financement axé sur la personne. Depuis 2018 en effet, la Confédération octroie des subventions directes aux personnes qui suivent des cours préparatoires aux examens fédéraux. L’évaluation a notamment étudié l’évolution de la charge financière pesant sur les candidats, la répartition des coûts entre ces derniers, les employeurs et les pouvoirs publics, ainsi que les effets observés sur l’attrait des examens fédéraux. Elle montre que la mise en place d’un système uniforme à l’échelle nationale a allégé la charge financière des diplômés et des employeurs et a simplifié le financement. 

Un autre point à l’ordre du jour portait sur le financement des examens en vertu de l’art. 56 de la loi fédérale sur la formation professionnelle. Parmi les points abordés figurait notamment la nouvelle directive concernant l’octroi de subventions fédérales pour l’organisation des examens, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Celle-ci prévoit notamment des versements plus fréquents et plus élevés, précise les modalités de gestion des réserves et clarifie l’utilisation des subventions et des taxes d’examen. 

Partage d’expériences et séance de questions-réponses

Les exposés ont été complétés par des discussions de groupe et des moments de réseautage. Les participants ont pu échanger leurs points de vue concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur leurs domaines d’activité et les profils de leurs professions, sur les mesures déjà prises par les organes responsables et sur les opportunités ou les risques qui en découlent. En matière de marketing des professions, les discussions ont porté sur le rôle de la visibilité dans les différents domaines ainsi que sur les mesures qui s’avèrent particulièrement efficaces dans la pratique. La journée s’est terminée par une séance de questions-réponses, au cours de laquelle les participants ont eu la possibilité de poser des questions sur la formation professionnelle supérieure, le financement et les aspects juridiques en s’adressant directement aux personnes responsables de ces dossiers au SEFRI.